Le Vieux Montségur

Tout est pittoresque chez le père Magnard, notamment sa physionomie et sa façon d'appeler Eugène Martin maire de la commune à coup de clairon pour lui annoncer ses trouvailles archéologiques.
Tout est pittoresque chez le père Magnard, notamment sa physionomie et sa façon d'appeler Eugène Martin maire de la commune à coup de clairon pour lui annoncer ses trouvailles archéologiques.

L'Escolo di Lavando à donné dans les ruines de Montségur une Félibrée qui fut des plus réussies. L'on saurait trop applaudir à l'heureuse initiative d'Eugène Martin qui a su réunir un groupe aussi intéressant et aussi enthousiaste de jeunes gens et de jeunes filles communiant dans l'amour du pays et d e sa langue. Montségur est une pépinière de félibres et de petites félibresses , et rien ne peut nous être plus doux que d'assister à la réussite de cette vaillante école des lavandes qui mérite les plus chaudes et éloges.
L'Escolo di Lavando à donné dans les ruines de Montségur une Félibrée qui fut des plus réussies. L'on saurait trop applaudir à l'heureuse initiative d'Eugène Martin qui a su réunir un groupe aussi intéressant et aussi enthousiaste de jeunes gens et de jeunes filles communiant dans l'amour du pays et d e sa langue. Montségur est une pépinière de félibres et de petites félibresses , et rien ne peut nous être plus doux que d'assister à la réussite de cette vaillante école des lavandes qui mérite les plus chaudes et éloges.



Devant le "grand mur" de Montségur: L'Académie Gauloise à rendu un éclatant hommage au Félibre du Tricastin et de la Haute Provence. 



L'Ermite Auguste Magnard - Ayant roulé sa bosse un peu partout, très attaché au Tricastin natal, il a trouvé la profession rêvée : gardien des ruines. Mais quelles ruines ! Celles du château de Montségur valent presque leur pesant d'or.
L'Ermite Auguste Magnard - Ayant roulé sa bosse un peu partout, très attaché au Tricastin natal, il a trouvé la profession rêvée : gardien des ruines. Mais quelles ruines ! Celles du château de Montségur valent presque leur pesant d'or.

Si les fuyards sarrazins n'avaient pas fait étape à Montségur quand les amandiers étaient en fleurs... 



LE SOUVENIR DE BARON DES ADRETS est toujours vivant aux confins de la Drôme et du Vaucluse C 'EST A Montségur-sur-Lauzon, à quelques lieues de Saint-Paul- Trois-Châteaux, aux confins de la Drôme et du Vaucluse, que se déroulèrent, il y a deux siècles, les événements dramatiques que nous allons relater. Jadis se dressait en ce lieu une imposante forteresse dominant la plaine du Tricastin. Bâtie sur le roc, elle pouvait défier les plus rudes assauts. Le baron des Adrets en avait fait son repaire. Poursuivi par ses ennemis, Il s'y réfugiait et leur tenait tête. Finalement, le château tomba par traîtrise entre les mains des adversaires qui espéraient bien s’emparer de la personne du chef huguenot ; mais, à leur arrivée, ce dernier leur avait déjà faussé compagnie. Pourtant, on l'avait aperçu au donjon quelques instants avant la reddition du château-fort. Toutes les tentatives restèrent vaines trouvèrent bientôt dans la vaste salle à manger Une seule personne manquait : c'était la jeune épouse, Lucie. Après une longue attente, les invités s'inquiétèrent de son absence et le vicomte de Quinsonas, boulevarsé, entreprit des recherches, aidé par les convives Vainement, on fouilla les fossés et tous les recoins du château Lucie restait introuvable. Pendant trois jours, les recherches se poursuivirent. Peine perdue, la quatrième journée, il fallait abandonner tout espoir de retrouver la disparue. La marquise de Praccmtal, effondrée devant ce grand malheur, se retira dans une propriété qu'elle possédait à Saint- Paul-Trois-Châteaux. Quant au marquis, il ne put survivre au désespoir de sa femme et s'éteignit quelques mois après le drame. Le, vicomte de Quinsonas, inconsolable, reprit du service dans pour retrouver des Adrets et les esprits simplistes de l'époque avaient fini par admettre une mystérieuse et diabolique protection. UNE DRAMATIQUE PARTIE DE CACHE-CACHE A la fin des Guerres de religion, le château de Montségur passa aux mains de plusieurs familles seigneuriales de la région et finit par échoir aux Pracom- tal, vers 1715. Le marquis de Pracomta! avait une fille, Lucie, qui venait de se fiancer au jeune vicomte de Quinsonas. Cette union, associant deux grandes familles, s'annonçait sous d'heureux auspices. Le jour du mariage, après la messe, tout était prêt au château pour recevoir les, jeunes époux et les nombreux invités. En attendant le festin, jeunes gens et jeunes filles décidèrent, avec les mariés, de jouer à cache-cache. De joyeux groupes se dispersèrent auic abords du château et dans les appartements. La partie durait déjà depuis deux heures et la cloche du manoir annonçait le banquet. Tous les joueurs se re- l'armée et devait trouver plus tard une mort glorieuse au Canada. Axfnt de quitter Montségur, Mme de Pracomtal fit élever une croix sur un promontoire, dernier endroit où sa fille avait été vue. On y grava cette inscription : « Lucie de Precemtal, 15 octobre 1715, jour de son mariage et de sa disparition, » QUARANTE ANNEES PLUS TARD Quarante ans s'étaient écoulées depuis la journée tragique, la marquise de Pracomtal vivait effacée dans te demeure de Saint-Paul-Trois-Chiteaux, partageant son tamps antre la méditation et des actes charitables. Une voyante, consultée, lui avait affirmé qu'elle reverrait sa fille avant de mourir. La pauvre mère ne croyait guère à cette prédis* tien de gitane. Par une belle journée de juillet 1755, un groupe de six adolescents arrivait à Saint-Paul. Mme de Rabesteins, mère da l'un d'eux, les accompagnait. Les jeunes gens avaient projeté de visiter la région et, notamment, Montségur où couraient tent de légendes sur le fameux baron des Adrets. Aupa- LE BOURGEOIS GENTILHOMME AU THEATRE FRANÇAIS L A Comédie-Française, qui n’a pas toujours eu, ces derniers temps, la main heureuse avec les classiques — nous attendons avec curiosité le Britaiinicus Jean Marais-Marie Bell... — vient de réussir une bonne reprise du Bourgeois Gentilhomme. En fait, la réussite n’est pas tout A fait complète : par exemple, le couple des domestiques Nicole-Covielle est pour Molière à peu près du meme âge que le couple des amoureux Lucile-Clêante, leurs maîtres j or, on a choisi Mme Béatrice Bretty, doyenne de la troupe, pour le rôle de l’accorte servante et son compère est M. Jean Meyer dont le visage est triste, triste. Mme Bretty est certes une excellente comédienne qui a de la rondeur et du panache, mais le spectateur non averti peut la prendre pour la nourrice de Lucile ; quant à M. Meyer, responsable de la mise en scène, laquelle mastique un peu de variété, il oublie, lui, de se vieillir lorsqu’il se travestit en truchement du fils du Grand Turc (Jourdain est bien naïf mais peut-il croire que ce personnage à l’élégante barbe noire ait pu le connaître au berceau comme il le prétend f). L'interprétation du Bourgeois Gentilhomme fait dans son ensemble honneur à la Comédie : Louis Seigner est un excellent Jourdain, autre chose qu’un simple fantoche ; Jacques Charron est un martre à danser danseur- maître ; Marie Sabouret est très belle dans Dorimène ; Andrée de Chauveron est impeccable de bon sens sous les traits de Madame Jourdain. Quant à Maurice Escande, il est, en Dorante, magnifique de brio et d’élégahee. Les décors et les costumes de Suzanne Lalique sont les plus réussis que l’on puisse voir actuellement. L. F. ravant, il fallait obtenir l'autorisation de la marquise de Pracomtal. Mme de Ra- basteins, amie de la douairière, voulut bien accomplir cette démarche. Ne voulant pas heurter par un refus cette personne avec qui elle était très liée, la marquise, avec beaucoup d'hésitation, donna son consentement, non sans avoir au préalable prodigué aux garçons de prudentes recommandations. ENCORE LE CACHE-CACHE Lâ petite troupe à cheval eut tôt fait d« parcourir les huit kilomètres qui sépare nt l'ancien évêché du Tricastin de Montségur. La troupe était arrivée au château en même temps qu'un violent orage se déclenchait sur la campagne. Dans l'attente d'une éclaircie, le plus jeune proposa de jouer à cache-cache dans les appartements Le jeu durait depuis quelques heures, au dehors, la pluie avait cessé et le moment était venu de se regrouper. A l'appel de l'un des garçons, tous sauf un : de Rabasteins, sortirent de leur cachette. Sans doute n'avait-il pas entendu les voix de ses camarades. Ceux-ci crièrent plus fort, mais seul l'ècho leur répondit. Inquiets, les jeunes gens alertèrent le gardien du château qui comprit vite qu'un drame venait d'éclater. Rapidement, il décida que deux d'entre eux se rendraient à Saint- Paul chercher du secours, tandis qu'il continuerait les recherches avec les autres. Restée à Saint-Paul, la comtesse de Rabasteins attendait le retour du groupe. A l'annonce de la disparition de son enfant, elle s'écroula, terrassée par une embolie. A Montségur, des équipes d'ouvriers, aidés par la municipalité, avaient, pendant trois jours et trois nuits, sondé les murailles et les cloisons, fouillé caves et galeries. Tous ces efforst étaient restés vains. Comme Lucie de Pracomtal, Rabasteins avait disparu à jamais. Au matin du quatrième jour, les recherches furent arrêtées. Le château retrouva son calme et la vie reprit son cours dens la famille du gardien. UN CHAT SAUVAGE Sur le coup de midi, tandis que le concierge et ses enfants allaient se mettre à table, le chat de la maison, un mouchoir serré autour du corps, fit Irrup'ion dans la cuisine. C'était un gros matou, noir et sauvage, difficile è attraper. Le père, cependant, voulut délivrer l'animal du garot, pensant à une mauvaise farce d'un garnement. Etant donné la sauvagerie de la bêta, ce ne fut pas chose aisée. Le chat libéré de son lien, le gardian constata avec surprise que le mouchoir était marqué aux initiales M. R. Le brave homme, qui na manquait pas de bon sens, réalisa ce qui s'était passé. Le chat retournerait sûrement d'où II était venu. Il fallait la suivra. Aidé de ses enfants, le garde pista le matou qui s'enfonça dans les broussailles, au pied du donjon. Ils eurent bientôt perdu de vue l'animal, mais l'endroit de sa disparition était un indice et permettait de concentrer les recherches sur ce point. Leur persévérance ne tarda point à être récompensée. Masqué par un buisson, un étroit soupirail insoupçonné laur apparut. De solides barreaux, qu'ils durent desceller, obstruaient l'entrée. L'un des enfants du concierge, soigneusement encordé, réussit à se glisser par l'euverture élargie et à pénétrer dans le caveau. Près de la muraille, il heurta un corps : c'était celui de Rabasteins. Avec peine, en parvint à le sortir du souterrain, Le jeune homme n'éteit qu'évanoui et des seins empressés le ramenèrent à la via. Lorsque l'enfant rescapé fut en état de parler, il fit le récit de sa tragique aventure. Alors qu'il recherchait une cachette sûre dit-il, Il s'était appuyé près d'une muraille, près d'une cheminée monumentale. Brusquement, le pan de mur pivota et il se trouva dans un étroit couloir qu'il suivit. A peine était-il engagé dans la souterrain qua la mur se referma. LE CADAVRE ASSIS Continuant son exploration è tâtons, Il heurta un stcond mur qui s'entra- bâilla at sa referma, comme la premier, après son passage. Le jeune homme essaya de retenir la muraille, mais tous ses efforts furent inutiles. Poursuivant sa marche dans l'obscurité, il parvint dans une salle faiblement éclairée par un étroit soupirail. Là, Il aparçut, assis! dans un fautauil, un# femgit vêtu* da blanc. Rassuré par catte présence d'un être humain, Il l'apptla doucement. Na racevant aucuns répons*, Il s'approcha et frémit d'horreur. Le femme n'était plus qu'un cadavre décharné. Affolé, le malheureux enfant tenta d'atte Indre le soupirail en échafaudant les meubles qui ss trouvaient dans la pièce, mais ne parvint qu'à quelques mètres de l'ouverture. Sur une table, face à la morte, II vit une Bibla à côté d'un stylet. La couverture da parchemin portait une inscription, gravée sans doute avec l'arme. Il luf, épouvanté : « Malheureux qui entres ici, laisses toutes espérances et recommandes votre âme à Dieu ! — Lucie de Pracomtal, 18 octobre 1715. » Le' cadavre était donc bien celui de l'infortunée Lucie, dont on lui avait conté la tragique disparition. Le mima sort lui était réservé et le qarçen tressaillit d'effroi. On connaît la suite et comment l'enfant réussit à attacher son mouchoir autour de l'échine du chat du concierge qui devait donner l'alerte, Maurice de Rabasteins, arraché à la mort, devait entrer peu après à la Trappe d'Aiguebelle et périr sous la Révolution. Sur l'emplacement même du sinistre caveau, Mme de Pracom al fit élever une chapelle surmontée d'un campanile, et sa fille y fut ensevelie. Bien que désaffecté, l'édifice est encore intact. Les démolisseurs de 89, qui ont anéanti le château, ont épargné cette construction. Pour éviter que d'autres accidents ne se produisent, ia ma quise fit aussi détruire les fameuses portes secrètes et leur système de fermeture. IL Y A TOUJOURS DES MYSTERES A MONTSEGUR L'oubli était venu sur le vieux village lorsque, sous l'Impulsion du maire, M. Eugène Martin, chercheur et passionné pour son histoire locale, des fouilles furent entreprises au début do l'année et se poursuivent actuellement. Des galeries ont été découvertes «t laur dégagemant est an cours. Sous la chapelle, des sarcophages renfermant quarante squelettes ont été exhumés. S* trouve-t-on en présence des victimes du farouche baron des Adrets ? Cette thèse semble prendre consistance. En outre, des objets divers : pierres, granits, verreries iteliennes, ont été mis à jour. On a aussi trouvé des morceaux de ferrures ayant sans doute eppartenu eu mécanisme des portes secrètes construites par Ambrosio, habile forgeron florentin, que le baron avait chargé da l'installation d* ces dispositifs machiavéliques. Ambrosio, prisonnier du baron, passa des années è truquer les issues du château. Lorsque Ambrosio eut terminé son chef-d'œuvre, le chef huguenot le fit disparaître, certain d'être seul è connaître les secrets de ces extraordinaires serrures, secret qu'il emporte dans la tombe. Ainsi que l'a écrit M. Eugène Martin, le sympathique maire du village, « Mont- ségur-sur-Lauxon offre des vestiges croulants à la sagesse des hommes ». A eux de metfre è profit cette leçon d'humilité.
LE SOUVENIR DE BARON DES ADRETS est toujours vivant aux confins de la Drôme et du Vaucluse C 'EST A Montségur-sur-Lauzon, à quelques lieues de Saint-Paul- Trois-Châteaux, aux confins de la Drôme et du Vaucluse, que se déroulèrent, il y a deux siècles, les événements dramatiques que nous allons relater. Jadis se dressait en ce lieu une imposante forteresse dominant la plaine du Tricastin. Bâtie sur le roc, elle pouvait défier les plus rudes assauts. Le baron des Adrets en avait fait son repaire. Poursuivi par ses ennemis, Il s'y réfugiait et leur tenait tête. Finalement, le château tomba par traîtrise entre les mains des adversaires qui espéraient bien s’emparer de la personne du chef huguenot ; mais, à leur arrivée, ce dernier leur avait déjà faussé compagnie. Pourtant, on l'avait aperçu au donjon quelques instants avant la reddition du château-fort. Toutes les tentatives restèrent vaines trouvèrent bientôt dans la vaste salle à manger Une seule personne manquait : c'était la jeune épouse, Lucie. Après une longue attente, les invités s'inquiétèrent de son absence et le vicomte de Quinsonas, boulevarsé, entreprit des recherches, aidé par les convives Vainement, on fouilla les fossés et tous les recoins du château Lucie restait introuvable. Pendant trois jours, les recherches se poursuivirent. Peine perdue, la quatrième journée, il fallait abandonner tout espoir de retrouver la disparue. La marquise de Praccmtal, effondrée devant ce grand malheur, se retira dans une propriété qu'elle possédait à Saint- Paul-Trois-Châteaux. Quant au marquis, il ne put survivre au désespoir de sa femme et s'éteignit quelques mois après le drame. Le, vicomte de Quinsonas, inconsolable, reprit du service dans pour retrouver des Adrets et les esprits simplistes de l'époque avaient fini par admettre une mystérieuse et diabolique protection. UNE DRAMATIQUE PARTIE DE CACHE-CACHE A la fin des Guerres de religion, le château de Montségur passa aux mains de plusieurs familles seigneuriales de la région et finit par échoir aux Pracom- tal, vers 1715. Le marquis de Pracomta! avait une fille, Lucie, qui venait de se fiancer au jeune vicomte de Quinsonas. Cette union, associant deux grandes familles, s'annonçait sous d'heureux auspices. Le jour du mariage, après la messe, tout était prêt au château pour recevoir les, jeunes époux et les nombreux invités. En attendant le festin, jeunes gens et jeunes filles décidèrent, avec les mariés, de jouer à cache-cache. De joyeux groupes se dispersèrent auic abords du château et dans les appartements. La partie durait déjà depuis deux heures et la cloche du manoir annonçait le banquet. Tous les joueurs se re- l'armée et devait trouver plus tard une mort glorieuse au Canada. Axfnt de quitter Montségur, Mme de Pracomtal fit élever une croix sur un promontoire, dernier endroit où sa fille avait été vue. On y grava cette inscription : « Lucie de Precemtal, 15 octobre 1715, jour de son mariage et de sa disparition, » QUARANTE ANNEES PLUS TARD Quarante ans s'étaient écoulées depuis la journée tragique, la marquise de Pracomtal vivait effacée dans te demeure de Saint-Paul-Trois-Chiteaux, partageant son tamps antre la méditation et des actes charitables. Une voyante, consultée, lui avait affirmé qu'elle reverrait sa fille avant de mourir. La pauvre mère ne croyait guère à cette prédis* tien de gitane. Par une belle journée de juillet 1755, un groupe de six adolescents arrivait à Saint-Paul. Mme de Rabesteins, mère da l'un d'eux, les accompagnait. Les jeunes gens avaient projeté de visiter la région et, notamment, Montségur où couraient tent de légendes sur le fameux baron des Adrets. Aupa- LE BOURGEOIS GENTILHOMME AU THEATRE FRANÇAIS L A Comédie-Française, qui n’a pas toujours eu, ces derniers temps, la main heureuse avec les classiques — nous attendons avec curiosité le Britaiinicus Jean Marais-Marie Bell... — vient de réussir une bonne reprise du Bourgeois Gentilhomme. En fait, la réussite n’est pas tout A fait complète : par exemple, le couple des domestiques Nicole-Covielle est pour Molière à peu près du meme âge que le couple des amoureux Lucile-Clêante, leurs maîtres j or, on a choisi Mme Béatrice Bretty, doyenne de la troupe, pour le rôle de l’accorte servante et son compère est M. Jean Meyer dont le visage est triste, triste. Mme Bretty est certes une excellente comédienne qui a de la rondeur et du panache, mais le spectateur non averti peut la prendre pour la nourrice de Lucile ; quant à M. Meyer, responsable de la mise en scène, laquelle mastique un peu de variété, il oublie, lui, de se vieillir lorsqu’il se travestit en truchement du fils du Grand Turc (Jourdain est bien naïf mais peut-il croire que ce personnage à l’élégante barbe noire ait pu le connaître au berceau comme il le prétend f). L'interprétation du Bourgeois Gentilhomme fait dans son ensemble honneur à la Comédie : Louis Seigner est un excellent Jourdain, autre chose qu’un simple fantoche ; Jacques Charron est un martre à danser danseur- maître ; Marie Sabouret est très belle dans Dorimène ; Andrée de Chauveron est impeccable de bon sens sous les traits de Madame Jourdain. Quant à Maurice Escande, il est, en Dorante, magnifique de brio et d’élégahee. Les décors et les costumes de Suzanne Lalique sont les plus réussis que l’on puisse voir actuellement. L. F. ravant, il fallait obtenir l'autorisation de la marquise de Pracomtal. Mme de Ra- basteins, amie de la douairière, voulut bien accomplir cette démarche. Ne voulant pas heurter par un refus cette personne avec qui elle était très liée, la marquise, avec beaucoup d'hésitation, donna son consentement, non sans avoir au préalable prodigué aux garçons de prudentes recommandations. ENCORE LE CACHE-CACHE Lâ petite troupe à cheval eut tôt fait d« parcourir les huit kilomètres qui sépare nt l'ancien évêché du Tricastin de Montségur. La troupe était arrivée au château en même temps qu'un violent orage se déclenchait sur la campagne. Dans l'attente d'une éclaircie, le plus jeune proposa de jouer à cache-cache dans les appartements Le jeu durait depuis quelques heures, au dehors, la pluie avait cessé et le moment était venu de se regrouper. A l'appel de l'un des garçons, tous sauf un : de Rabasteins, sortirent de leur cachette. Sans doute n'avait-il pas entendu les voix de ses camarades. Ceux-ci crièrent plus fort, mais seul l'ècho leur répondit. Inquiets, les jeunes gens alertèrent le gardien du château qui comprit vite qu'un drame venait d'éclater. Rapidement, il décida que deux d'entre eux se rendraient à Saint- Paul chercher du secours, tandis qu'il continuerait les recherches avec les autres. Restée à Saint-Paul, la comtesse de Rabasteins attendait le retour du groupe. A l'annonce de la disparition de son enfant, elle s'écroula, terrassée par une embolie. A Montségur, des équipes d'ouvriers, aidés par la municipalité, avaient, pendant trois jours et trois nuits, sondé les murailles et les cloisons, fouillé caves et galeries. Tous ces efforst étaient restés vains. Comme Lucie de Pracomtal, Rabasteins avait disparu à jamais. Au matin du quatrième jour, les recherches furent arrêtées. Le château retrouva son calme et la vie reprit son cours dens la famille du gardien. UN CHAT SAUVAGE Sur le coup de midi, tandis que le concierge et ses enfants allaient se mettre à table, le chat de la maison, un mouchoir serré autour du corps, fit Irrup'ion dans la cuisine. C'était un gros matou, noir et sauvage, difficile è attraper. Le père, cependant, voulut délivrer l'animal du garot, pensant à une mauvaise farce d'un garnement. Etant donné la sauvagerie de la bêta, ce ne fut pas chose aisée. Le chat libéré de son lien, le gardian constata avec surprise que le mouchoir était marqué aux initiales M. R. Le brave homme, qui na manquait pas de bon sens, réalisa ce qui s'était passé. Le chat retournerait sûrement d'où II était venu. Il fallait la suivra. Aidé de ses enfants, le garde pista le matou qui s'enfonça dans les broussailles, au pied du donjon. Ils eurent bientôt perdu de vue l'animal, mais l'endroit de sa disparition était un indice et permettait de concentrer les recherches sur ce point. Leur persévérance ne tarda point à être récompensée. Masqué par un buisson, un étroit soupirail insoupçonné laur apparut. De solides barreaux, qu'ils durent desceller, obstruaient l'entrée. L'un des enfants du concierge, soigneusement encordé, réussit à se glisser par l'euverture élargie et à pénétrer dans le caveau. Près de la muraille, il heurta un corps : c'était celui de Rabasteins. Avec peine, en parvint à le sortir du souterrain, Le jeune homme n'éteit qu'évanoui et des seins empressés le ramenèrent à la via. Lorsque l'enfant rescapé fut en état de parler, il fit le récit de sa tragique aventure. Alors qu'il recherchait une cachette sûre dit-il, Il s'était appuyé près d'une muraille, près d'une cheminée monumentale. Brusquement, le pan de mur pivota et il se trouva dans un étroit couloir qu'il suivit. A peine était-il engagé dans la souterrain qua la mur se referma. LE CADAVRE ASSIS Continuant son exploration è tâtons, Il heurta un stcond mur qui s'entra- bâilla at sa referma, comme la premier, après son passage. Le jeune homme essaya de retenir la muraille, mais tous ses efforts furent inutiles. Poursuivant sa marche dans l'obscurité, il parvint dans une salle faiblement éclairée par un étroit soupirail. Là, Il aparçut, assis! dans un fautauil, un# femgit vêtu* da blanc. Rassuré par catte présence d'un être humain, Il l'apptla doucement. Na racevant aucuns répons*, Il s'approcha et frémit d'horreur. Le femme n'était plus qu'un cadavre décharné. Affolé, le malheureux enfant tenta d'atte Indre le soupirail en échafaudant les meubles qui ss trouvaient dans la pièce, mais ne parvint qu'à quelques mètres de l'ouverture. Sur une table, face à la morte, II vit une Bibla à côté d'un stylet. La couverture da parchemin portait une inscription, gravée sans doute avec l'arme. Il luf, épouvanté : « Malheureux qui entres ici, laisses toutes espérances et recommandes votre âme à Dieu ! — Lucie de Pracomtal, 18 octobre 1715. » Le' cadavre était donc bien celui de l'infortunée Lucie, dont on lui avait conté la tragique disparition. Le mima sort lui était réservé et le qarçen tressaillit d'effroi. On connaît la suite et comment l'enfant réussit à attacher son mouchoir autour de l'échine du chat du concierge qui devait donner l'alerte, Maurice de Rabasteins, arraché à la mort, devait entrer peu après à la Trappe d'Aiguebelle et périr sous la Révolution. Sur l'emplacement même du sinistre caveau, Mme de Pracom al fit élever une chapelle surmontée d'un campanile, et sa fille y fut ensevelie. Bien que désaffecté, l'édifice est encore intact. Les démolisseurs de 89, qui ont anéanti le château, ont épargné cette construction. Pour éviter que d'autres accidents ne se produisent, ia ma quise fit aussi détruire les fameuses portes secrètes et leur système de fermeture. IL Y A TOUJOURS DES MYSTERES A MONTSEGUR L'oubli était venu sur le vieux village lorsque, sous l'Impulsion du maire, M. Eugène Martin, chercheur et passionné pour son histoire locale, des fouilles furent entreprises au début do l'année et se poursuivent actuellement. Des galeries ont été découvertes «t laur dégagemant est an cours. Sous la chapelle, des sarcophages renfermant quarante squelettes ont été exhumés. S* trouve-t-on en présence des victimes du farouche baron des Adrets ? Cette thèse semble prendre consistance. En outre, des objets divers : pierres, granits, verreries iteliennes, ont été mis à jour. On a aussi trouvé des morceaux de ferrures ayant sans doute eppartenu eu mécanisme des portes secrètes construites par Ambrosio, habile forgeron florentin, que le baron avait chargé da l'installation d* ces dispositifs machiavéliques. Ambrosio, prisonnier du baron, passa des années è truquer les issues du château. Lorsque Ambrosio eut terminé son chef-d'œuvre, le chef huguenot le fit disparaître, certain d'être seul è connaître les secrets de ces extraordinaires serrures, secret qu'il emporte dans la tombe. Ainsi que l'a écrit M. Eugène Martin, le sympathique maire du village, « Mont- ségur-sur-Lauxon offre des vestiges croulants à la sagesse des hommes ». A eux de metfre è profit cette leçon d'humilité.

Témoignage que j'ai conservé depuis des années de l'ancien maire d'Espeluche aujourd'hui décédé et qui parle du père Magnard, (l'ermite) avec beaucoup de détails. Il a écrit un livre sur son village"Espeluche doux pays de mon enfance"Message de Gabriel Giffon - 25/01/2008 11:21 Bonjour, je viens de découvrir votre page. Étant à la recherche de documents concernant le père Magnard que j'ai eu le plaisir de rencontrer dans mon village natal d'Espeluche, j'aimerai mieux connaître son histoire. À l'époque où je l'ai rencontré il habitait le village de Montjoyer et je crois savoir qu'il a disparu brutalement. Avez-vous plus de renseignements ? Merci de me répondre. Pourrais-je avoir une de ses photos ?Ci-joint le petit texte que j'ai commencé à écrire sur lui.Gabriel Giffon, quartier Les Théolats, 26160 Rochefort-en-Valdaine.Un autre vagabond, le père Magnard, venait de temps en temps au village. Mieux vêtu que Pète-Fouet, il avait néanmoins une allure atypique et des cheveux blancs et longs, aux reflets bleutés.Il venait du village de Montjoyer, où il vivait au hameau du Fangeas. Je me souviens l'avoir vu devant le café Loudet prêtant la main à Fernande et Marguerite pour écorcher un agneau. Afin de faciliter l'opération, Léon Loudet qui tenait un atelier de cycles tout à côté, lui avait prêté une pompe à vélo dont le père Magnard se servait pour gonfler la peau de l'agneau et la décoller des chairs de l'animal.Le père Magnard était connu pour prospecter bois et champs à la recherche de monnaies anciennes et autres vieilleries, il s'en était fait une belle collection. Le père Jean de la Croix, ancien archiviste de l'abbaye d'Aiguebelle, le décrit comme suit : En 1937, il n'y a qu'un habitant au hameau du Fangeas : c'est le père Magnard, l'homme à la chevelure de Nazaréen, actif commissionnaire de ces régions désertes. Le père Magnard agglomère dans sa maison un véritable musée ou mieux un Capharnaüm. Les pointes de flèches préhistoriques voisinent avec les manches de parapluie et tout un assortiment de boites de conserves de tout âge, à concurrencer le marché aux puces de Grignan. Ces amis lui disaient : Moun omé, avés une fortuno dins vous troustau : n'en parlès à dengu, surtout pas aux rougiés.Gabriel Giffon. 25-01-2008


ENCANTAMEN La luno mounto au cèu palinello e rousènto: Milo escaumo d’argènt dins la bluio founsour Tresanon, fisançouso en l’ange de douçour Amaga dins l’oumbrun de la plano risènto! - O chato! à moun coustat, siés touto fernissènto; De qu’as? Sentes-ti pas sus la terro en coumbour Lou rebat amourous de la vouto lusènto? Tout es plen de bonur dins la palo liunchour. Escouto! lou printèms parlo bas à la terro, Bèn proche, saren-nous; lou mounde es fòu d’espèro; O baio-me ta man; ause pica toun cor... Regardo! à l’Ouriènt, coume la colo es bello, Fai luno; aperalin, regardo aquelo estello, Mai que tóuti, belèu, vuejo de raioun d’or: Es l’estello d’amour vihant sus noste sort, E que sus nautre fai la niue caressarello!  Eugène Martin -
ENCANTAMEN La luno mounto au cèu palinello e rousènto: Milo escaumo d’argènt dins la bluio founsour Tresanon, fisançouso en l’ange de douçour Amaga dins l’oumbrun de la plano risènto! - O chato! à moun coustat, siés touto fernissènto; De qu’as? Sentes-ti pas sus la terro en coumbour Lou rebat amourous de la vouto lusènto? Tout es plen de bonur dins la palo liunchour. Escouto! lou printèms parlo bas à la terro, Bèn proche, saren-nous; lou mounde es fòu d’espèro; O baio-me ta man; ause pica toun cor... Regardo! à l’Ouriènt, coume la colo es bello, Fai luno; aperalin, regardo aquelo estello, Mai que tóuti, belèu, vuejo de raioun d’or: Es l’estello d’amour vihant sus noste sort, E que sus nautre fai la niue caressarello! Eugène Martin -

L'Ermite de Montségur-sur-Lauzon a réuni une forte belle collection de vieille monnaie qu'il se plait à faire admirer à ses visiteurs.


Table d'orientation 👈 Sur la plate-forme du Vieux-village, une belle table d'orientation a été installée. De là un panorama magnifique s'offre à nos yeux. Le Mont-Ventoux ( 1960 m. ) s'impose, séparant les chaines de Provence à celles du Dauphiné; en face les collines du Tricastin, veillent jalousement sur ses petits villages et ses châteaux renommés : Grignan , Suze-la-Rousse ...
Table d'orientation 👈 Sur la plate-forme du Vieux-village, une belle table d'orientation a été installée. De là un panorama magnifique s'offre à nos yeux. Le Mont-Ventoux ( 1960 m. ) s'impose, séparant les chaines de Provence à celles du Dauphiné; en face les collines du Tricastin, veillent jalousement sur ses petits villages et ses châteaux renommés : Grignan , Suze-la-Rousse ...

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